jeudi 3 septembre 2009

Santiago la grande

Petit Week-end sur Santiago au retour des stations de ski pour profiter de la chance d'habiter à seulement 1h30 de la capitale pour commencer à la parcourir... Difficile, en commençant par avoir visité Valparaiso, de l'égaler mais Santiago, malgré sa pollution et ses immeubles de béton, réserve de jolies surprises...

Le tristement célèbre Palacio de la Moneda, qui fut bombardé en 1973 par l'armée aux ordres du Général Pinochet et théatre d'un coup d'Etat et suicide du président démocratiquement élu de l'époque, Salvador Allende; signant le début d'une dictature les plus longues d'Amérique Latine.



Quelques portraits et messages sur les murs de la ville...



La chascona, l'une des 3maisons du poète chilien Pablo Neruda, reconnaissables parmi mille grâce à leur architecture biscornue et leurs couleurs vives... Un grand homme ce Pablo.

Parce que dans "étudiant", il y'aurait "études"...

Confrontée à une pluie de questions de vous s'inquiétant de ne pas m'entendre beaucoup parler de cours depuis que je suis au chili, je me sens tout à coup obligée de me justifier un peu... ^^ Oui c'est vrai, ca fait deja plus d'un mois que j'ai du faire ma "rentrée" et être en cours...Mais les termes "rentrée" et "cours" prennent un tout autre sens ici. La rentrée prend un sens soudain très "subjectif", ou chacun fait à son rythme. Où les cours sont censés commencer officiellement tel jour mais officieusement, cela signifie que tu peux lar-ge-ment te prendre une semaine-10jours de vacances car personne n'y va. Mais bon, ca c'était les joies du début du semestre ou l'on pouvait encore glisser un "je né conpren pa bienn l'espagniol" pour justifier toutes ses absences!
Mais maintenant ca se complique dur, dans le sens ou aller en cours au Chili s'apparente plus à un jeu de pistes grandeur nature qu'à vivre sa petite vie étudiante tranquille...Le but du jeu étant d'être le premier à trouver la bonne salle, avec le bon cours à l'intérieur, dans l'un des nombreux batiments de ma fac disséminés partout dans la ville, et même jusqu'à celle d'a coté. Et quand bien même, soulagée, après s'être levée à l'aube, t'être privée de petit déjeuner, avoir traversé toute la ville sur des talons trop hauts pour les trottoirs pas droits de Valpo, tu crois avoir trouvé la bonne salle, avec le bon cours à l'intérieur, le jeu devient TRES cynique quand la porte du cours en question demeure définitivement close avec un panonceau indiquant" cours annulé car prof en vacances". Muchas gracias por su visita.
L'autre défi à relever, et particulièrement difficile pour les "Science Po" comme nous qui ne faisons pas partie d'une seule "spécialité" comme l'histoire par exemple mais d'un peu de tout à la fois, c'est celui de pouvoir suivre des cours qui 1) t'intéresses, 2)qui se suivent en termes d'horaires pour ne pas avoir une semaine trop éclatée mais 3) qui ne se tiennent pas à des endroits opposés de la ville car à moins d'être la reine des micros (bus) ou savoir pratiquer le dédoublement de la personne, ca devient concrètement impossible de se téléporter à l'autre bout de la ville en 10min d'inter-cours. Donc voilà où j'en suis depuis 2semaines, j'essaie des cours, réalise qu'un cours d'histoire suivi d'un de socio par exemple relève d'une mission impossible pour cause qu'il faut aller dans le bâtiment d'histoire, puis celui de socio, qui se trouvent respectivement dans 2villes différentes (l'un à Valpo et l'autre à Vina). Les joies de la fac quoi... Mais bon, pour rester sur une note positive; les profs sont dans l'ensemble très sympas et c'est super enrichissant de pouvoir assister à des cours différents de chez nous, avec un regard différent sur le monde, ce qui nous semble être la "norme", "la bonne façon d'apprendre" ou "faire cours". Les cours sont beaucoup plus interactifs, ou le prof fait souvent réagir la classe et où les élèves n'hésitent pas à interrompre le cours pour donner leur opinion ou poser une question. Maintenant je comprends pourquoi l'on dit que le système français est beaucoup plus rigide et formel...un prof...un amphi...un monologue...
Bref, on essaie de se fondre dans la masse, de se faire passer pour des étudiants chiliens et nous voilà de retour en salle de cours comme au bon vieux temps, à la seule différence que le cours se fait en espagnol, que les chiliens (prof compris) se lèvent pour répondre quand leur portable sonne, où encore se faire saluer par le prof qui te souhaite la bienvenue alors que tu n'as pas moins d'une demie-heure de retard... J'aime le Chili !

lundi 31 août 2009

"ET si on allait skier???"


Le mois d'aout, le chili, les Andes..."et si on allait skier?"

Alors voilà, les cours se finissant à 18h, on file dans nos apparts respectifs remplir le sac de rando resté vide trop longtemps (une semaine...), on calcule bien vite que de toute facon, on a rien dans l'armoire de très règlementaire pour faire du ski donc on se replie sur un bon vieux jean, une grosse paire de chaussettes, et le seul gros blouson potable que l'on a et hop, on embarque dans le dernier bus de nuit direction Santiago et les pistes de ski!Premier dodo dans une auberge de jeunesse sur Santiago que l'on ne voit que de nuit: auberge super sympa, avec des brésiliens en partance pour une grosse soirée qui nous auraient presque convaincues de les suivre si la voix de la raison ne nous avait pas fait nous souvenir que "nuit blanche+ courbettes sur des skis" ne font pas bon ménage! Donc dodo.......jusqu'au lendemain, où levées à l'aube je ne sais comment, montées dans un bus qui nous dépote directement à la station de ski, je ne sais toujours pas comment au vu de notre non-sens de l'orientation, nous voilà armées pour goûter aux joies du ski au Chili...

Et pour mettre fin tout de suite aux "clichés" que l'on pourraient avoir, non non on ne remonte pas les pistes à dos de lamas mais bien en télésièges et tire-fesses dignes de ce nom et qu'à part les couleurs des pistes qui changent, une station de ski chilienne ressemble tout à fait aux notres! Bon après d'accord, ce qui fait tout de suite beaucoup plus bizarre c'est qu'ici, on est au Chili, qu'on skie sur la Cordillère des andes et que l'on nous parle de "haute saison de ski" en plein mois d'aout !









mardi 18 août 2009

Je ne m'étonnerai plus de...

Parce que Valparaiso est et restera Valparaiso, une insondable mais délicieuse énigme à elle toute seule...
Je ne m'étonnerai plus de son architecture délurée et de sa multitude de maisons poussant un peu partout, de façon anarchique et défiant la palette du peintre et les lois de l'équilibre.

Je ne m'étonnerai plus des "micros" (bus) qui déboulent de partout et de nulle part à la fois, qui ne prennent pas les voyageurs dans des arrêts mais qui vont les chercher eux même à coup de klaxon, qui n'ont pas a même vision du dépassement et de l'angle mort que nous, MAIS qui me laissent toujours en vie alors que je crois ma dernière heure arrivée à chaque trajet.

Je ne m'étonnerai plus de jeter le papier toilette dans une corbeille à papier et non dans la cuvette pour cause de canalisations trop antiques pour accueillir tous les "déchets naturels" de la ville.

Je ne m'étonnerai plus d'aller recharger mon portable en pharmacie, à coté des boites de céréales et d'une publicité pour de nouveaux abonnements téléphoniques!

Je ne m'étonnerai plus de prendre les "ascensores" (funiculaires), des fois quand le courage d'escalader toute la côte jusqu'à la maison n'y est pas; et je ne me demanderai plus par quel miracle les mécanismes de ces petits bijoux du début du siècle sont toujours capables de supporter le poids de tant de personnes à la fois.

Je ne m'étonnerai plus de la quantité de chiens errants qui partagent les trottoirs de Valparaiso avec les passants pressés, tantôt s'offrant une petite sieste sur le paillasson d'une boutique ou se faisant le meilleur ami du "carrete" au petit jour, en mal d'un guide bienveillant pour lui montrer le chemin de son lit.

Je ne m'étonnerai plus de la variété incroyable d'uniforme existant chez les collégiens chiliens, ni du fait que dans un pays aussi machiste que le chili peut l'être, les jupes plissées des collégiennes puissent être si courtes.

Je ne m'étonnerai plus de me promener en permanence dans l'appart avec une boite d'allumettes sur moi, pour allumer le four ou la "calefacion" de la douche pour m'offrir de l'eau...tiède.

Je ne m'étonnerai plus de me lever le matin, de voir le Pacifique de ma fenêtre et que la première phrase de la journée me vienne en espagnol.

Je ne m'étonnerai plus de faire la "feria de la pulgas" (les puces) chaque dimanche et d'y trouver mille et un trésors dignes de la caverne d'Ali Baba, une paires de bottes en cuir, a coté de 3rouleaux de papier toilette, d'un couple de perruches, d'une caisse pleine de vis et d'écrous, d'un pin's de Lénine, des cactus, une panoplie de portables volés...

Je ne m'étonnerai plus de trouver "intéressant" le goût du mélange mayo-ketchup-guacamole-knacki qui font la célébrité du "completo" chilien.

Je ne m'étonnerai plus d'aller à la fac dans 4endroits différents de la ville, des fois même dans celle d'à coté et de trouver des salles de cours dans des bâtiments qui ont plus l'air de petits manoirs résidentiels privés que de bâtiments universitaires.

Je ne m'étonnerai plus que les jours de pluie à Valparaiso transforment les rues de la ville en torrents et eaux violentes; et que le plancher de ma chambre soit recouvert de toute une panoplie de tupperwares aux endroits où mon plafond est trop ancien pour être totalement imperméable.

Je ne m'étonnerai plus de voir des gamines de 17-18ans avec un bébé dans les bras et un autre en route.

Je ne m'étonnerai plus d'entrer dans un bar et d'y trouver une œuvre d'art à lui tout seul, avec des murs recouverts de toiles d'artistes de Valpo, un comptoir décoré de haut en bas d'articles de journaux et publicités anciennes et carrelage multicolore mais tout sauf assorti.

Je ne m'étonnerai plus de me faire proposer des barres de chocolat, pastilles à la menthe, stylos billes, journaux par des vendeurs à la sauvette à chaque voyage en micro.

Je ne m'étonnerai plus d'être en vêtements d'hiver en plein mois d'août et d'avoir aussi froid à l'intérieur qu'à l'extérieur des maisons car le chauffage ne fait pas partie des priorités locales.

Mais à dire vrai, je ne m'étonnerai plus d'être sans cesse étonnée par cette ville enchanteresse et son caractère inimitable, car que serait un voyage sans étonnement?

jeudi 13 août 2009

Fin des vacances

Le phare de la Serena

Notre tite titine à nous que l'on s'est disputé pour la conduire tellement c'était la classe et limite iréel de conduire au Chili, dans des paysages se rapprochant plus de ceux de jeux vidéos que de ceux de la réalité! C'est autre chose que la campagne bretonne, bizarrement il y'a vachement plus de virages et de cactus!

Au revoir sur le quai de la station de bus en compagnie de Madame la femme du maire de la Serena et ses filles, qui nous ont généreusement proposé de partager leur diner dans le resto le plus classieux de la ville, sur la plage, à déguster plateaux de fruits de mer et vin chilien aux frais...des impôts chiliens. Humm, ca faut moins le dire. ^^
Les montagnes de Pisco Elqui, charmant petit bled en basse saison mais couvert de touristes en été, c'est à dire décembre-janvier ici! Difficile d'imaginer une montagne vierge comme celle-ci envahie de gens en short quechua et tente 2sec ...
Randonnée à cheval sur la Cordillère, avec un cowboy en chair et en os en guise de "mono équestre"! Yirrrraaah !


Tess et son "arrière train".

Suite des vacances

La Valle del Elqui: un drôle de paysage avec des montagnes sèches et arides où seuls les cactus y survivent et des vallées verdoyantes où l'on cultive les vignes...amateurs du pisco, c'est le lieu qu'il vous faut!

En débardeurs devant la Cordillère enneigée... pas mal la vie n'empêche

Notre premier bout de désert.... Avec, si vous regardez bien, une montagne qui perce à l'horizon dans le ciel. D'après des chiliens d'ici, elle s'élèverait à plus de 4000mètres d'altitude.
Quand je pense que l'on est tout heureux en France avec nos stations de ski à 2000mètres...les chiliens peuvent se moquer! ^^